Actualités sur les Comores et climat : risques, projets et solutions

60 %. Le chiffre colle à la peau des Comores, implacable : c’est la part de la population encore contrainte de s’approvisionner en eau non sécurisée. Dix ans de programmes internationaux n’ont pas suffi à tarir cette réalité. De 2019 à 2023, la fréquence des tempêtes, inondations ou sécheresses s’est envolée de 30 %, relève la Banque mondiale. Pendant ce temps, les réseaux d’eau potable ne progressent qu’à petits pas, loin derrière les urgences du quotidien.

Sur la carte des risques climatiques de l’océan Indien, l’archipel des Comores occupe une place de choix, mais brille par son absence dans les grands systèmes d’alerte régionaux. Ici, la résistance s’organise d’abord à l’échelle des villages et des familles, avec des fortunes diverses.

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Comprendre les défis climatiques et hydriques aux Comores : entre vulnérabilité et adaptation

Sur ces îles éparpillées entre Madagascar et la côte africaine, chaque saison porte son lot d’incertitude. Les aléas climatiques ne sont plus de simples menaces lointaines. Le cyclone Kenneth, en avril 2019, a laissé derrière lui des routes dévastées, des toits arrachés, des familles endeuillées. Sept morts, deux cents blessés, près de 186 millions de dollars de dégâts : le traumatisme reste vif, et les séquelles, visibles dans les villages de l’intérieur.

À l’écart des regards, les glissements de terrain s’accélèrent, minant des terres déjà fragiles. L’aménagement du territoire, souvent improvisé, peine à contenir les conséquences de pluies imprévisibles. Les habitants de la région sud, autour de Foumbouni, connaissent mieux que quiconque la précarité d’un accès à l’eau fiable. Le corridor Mtsangadjou-Foumbouni, colonne vertébrale de la RN3, relie des villages enclavés comme Mohoro ou Bandamadji, mais reste vulnérable à la moindre crue.

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Les changements climatiques bouleversent le calendrier des pluies et tarissent parfois les sources. Les réseaux, déjà sous tension, peinent à répondre aux besoins. Résultat : la dépendance à des points d’eau incertains perdure. Pour s’adapter, il faut sécuriser les ressources, moderniser les points d’accès, renforcer les services, anticiper les crises à venir.

La résilience, ici, ne se limite pas à construire ou réparer. Elle impose de repenser les connexions entre villages, de garantir que les routes restent praticables après chaque tempête, de fiabiliser l’acheminement de l’eau et des biens, et de protéger les communautés contre les nouveaux visages du risque climatique. Chaque avancée, chaque réparation, est un gage de stabilité pour l’archipel.

Jeune ingénieur comorien inspectant un panneau solaire en milieu rural

Quels projets et solutions pour renforcer la résilience face aux cyclones et à la pénurie d’eau ?

Pour tenter de briser le cycle, un projet majeur s’est imposé ces dernières années. Le Projet de relèvement et de résilience post-Kenneth, piloté par le Groupe de la Banque mondiale avec le soutien du GFDRR, constitue l’ossature de la stratégie nationale. Grâce à l’Association internationale de développement (IDA), 12,5 millions de dollars supplémentaires ont été mobilisés pour accélérer la sécurisation des axes stratégiques et garantir un accès régulier à l’eau potable.

Voici les principales interventions déployées sur le terrain :

  • Réhabilitation de 12 km de routes et reconstruction de 7 km sur la RN3, pour reconnecter Foumbouni aux localités littorales et faciliter le transport des habitants et des marchandises, même après les épisodes climatiques intenses.
  • Remise en état de 55 maisons, déjà livrées, et rénovation de quartiers entiers, bénéficiant à plus de 70 000 personnes. Les prochaines habitations seront prêtes d’ici novembre 2025, étendant progressivement les bénéfices à l’ensemble de la région concernée.
  • Modernisation des réseaux d’eau potable et renforcement du soutien aux fournisseurs de services, avec une attention particulière portée à la gestion des bassins versants et à la pérennité des infrastructures.

Portée par le gouvernement comorien et orchestrée par des personnalités engagées comme Boubacar-Sid Barry et Tahir Akbar, cette feuille de route combine urgence et vision à long terme. L’enjeu : faire émerger des solutions robustes, durables, adaptées au terrain et à la vie quotidienne des habitants. Les communautés, de plus en plus impliquées, s’approprient peu à peu la surveillance des ressources et la transmission des alertes, pour ne plus subir les dérèglements mais reprendre la main sur leur avenir.

Ici, l’eau et la terre ne sont pas de simples ressources : elles conditionnent l’équilibre d’un archipel entier. Aux Comores, chaque goutte sécurisée et chaque route restaurée dessine la possibilité d’une vie moins vulnérable et d’un horizon un peu plus stable.

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